Mon aventure lyrique avec Rhapsody: A Musical Adventure.
Alors que je commençais à jouer à Final Fantasy XVI
avec ma femme, certains passages m’ont paru particulièrement violents. J’avais
envie d’alterner avec quelque chose de plus léger. C’est ainsi que je me suis
lancé dans Rhapsody: A Musical Adventure, un petit jeu sympathique qui
traînait depuis des années dans ma liste infinie des jeux à finir.
J’y avais déjà touché il y a plusieurs années, à l’époque où
je l’avais encore sur DS. J’avais lancé une partie, mais sans vraiment accrocher.
Je me souviens vaguement l’avoir trouvé trop facile, et l’avoir rangé après
quelques minutes. Cette fois, j’ai décidé de lui redonner une vraie chance. J’étais
vraiment dans le bon état d’esprit.
Dès ma première session, j’ai été sous le charme. Le design des personnages et des créatures est adorable. Les premiers lieux que l’on explore, l’Orange Village et l’Ancient Forest, sont colorés et ont un petit côté féérique. La musique qui les accompagne, ouverte par un glissando de piano, est légère et enjouée. Bref, tout ce qu’il me fallait pour retrouver ma bonne humeur.
L’histoire est portée par un humour absurde que j’apprécie particulièrement. Le personnage principal, Cornet, rêve plus que tout de rencontrer un prince et de vivre un grand amour. Au début du récit, elle participe à un concours pour gagner le cœur d’un prince, un concours où les participantes doivent chanter… puis s’affronter dans des combats. L’une des participantes amène même ses gardes du corps, qui utilisent… des armes à feu. C’est hilarant!
Au fil de ses aventures, Cornet se retrouve dans un
restaurant caché au fond d’une forêt pour on ne sait quelle raison. En ces
lieux, les invités affrontent des monstres de pièce en pièce, jusqu’à arriver
devant un gang de créatures félines qui règne sur la cuisine et souhaite les
dévorer. C’est logique, car après tout cet exercice permet aux visiteurs de
perdre leur gras. Rien de mieux pour que le plat principal soit délicieux! :-)
Après ces quelques scènes amusantes, on met la table pour ce
qui sera la quête principale du jeu. Entre en scène une sorcière dans la
quarantaine, Marjoly, qui s’habille comme une femme de la moitié de son âge et
n’est pas très douée en magie. Cette dernière cherche à capturer le prince pour
en faire son amant, malgré leur grande différence d’âge. Elle le transforme par
erreur en pierre, puis décide de l’emmener à son palais volant pour en faire
une statue décorative… en attendant de trouver un remède !
Cornet part alors à l’aventure pour retrouver le prince, accompagnée de sa marionnette magique Kururu, compagne fidèle depuis sa tendre enfance. L’adolescente est enjouée et travailleuse. Elle ne se décourage presque jamais, même si, parfois, elle se fâche un peu plus qu’elle ne le voudrait, surtout avec Kururu. Au début du récit, elle croise à plusieurs reprises sa rivale Étoile, qui, elle, participe au concours non pas pour le prince, mais pour la fortune qui l’accompagne. Même si elle paraît superficielle au premier abord, son franc-parler et le fait qu’elle aide tout de même Cornet malgré leur rivalité fait d'elle un personnage difficile à détester.
Tout commence bien : l’atmosphère, l’humour, les
personnages. Il y a même des détails étonnamment soignés pour l’époque, comme
les dialogues des villageois qui évoluent en fonction des événements de
l’histoire. Mais à un certain moment du récit, les fausses notes se font de
plus en plus fréquentes.
Je pense surtout aux donjons, qui finissent tous par se
ressembler. Mêmes couloirs, mêmes motifs, à quelques variations de couleur
près. Ce sont de simples labyrinthes faits de petits écrans interconnectés. Un
peu comme dans le premier Zelda sur la NES, sauf qu’ici, presque rien ne
rend les pièces mémorables. Les salles sont vides, sans vie, sauf peut-être
lorsqu’un coffre vient nous réveiller brusquement de notre sommeil monotone.
Alors qu’on enchaîne les donjons les uns après les autres, l’histoire, si prometteuse au départ, semble mise sur pause. Plus rien (ou presque) ne se passe. On a l’impression que l’inspiration s’est évaporée dans le deuxième tiers du récit, qui s’étire beaucoup trop, même pour un jeu aussi court.
Quand j’entends des influenceurs vanter ce titre, je me dis qu’ils sont soit pris dans la nostalgie et ne se souviennent de presque rien, soit qu’ils y ont joué une heure ou deux, ont enregistré leur vidéo, puis sont passés à autre chose, sans prendre la peine de vivre l’expérience au complet. Je ne dis pas que le jeu est mauvais. Il a toutes les qualités que j’ai décrites plus tôt. Mais un peu de nuance, lorsqu’on en fait la critique, ne ferait pas de mal.
En ce qui concerne les combats, ils sont un peu trop faciles
au début. Les ennemis ratent la plupart du temps, et quand ils touchent, ce
n’est que pour infliger quelques maigres points de dégâts. Il y a bien quelques
pics de difficulté, mais on monte de niveau si vite qu’on finit rapidement par rattraper
les ennemis. On a l’impression que le jeu a été conçu en supposant que le
joueur changerait régulièrement les membres de son équipe. Résultat : si on
garde une poignée d’alliés, l’aventure devient une balade dans le parc.
Au fil de ses péripéties, Cornet peut recruter des monstres. Parfois, ce sont des créatures liées à l’histoire ; d’autres fois, un ennemi propose aléatoirement son aide après un combat. Ce n’est pas toujours utile sur le plan du gameplay, ni très bien balancé d’ailleurs, mais c’est un aspect que j’ai apprécié. Pendant une bonne partie de l’aventure, j’ai gardé un Slime dans mon équipe, simplement parce que je trouvais ça cool de faire progresser la créature la plus faible du jeu.
Au cours des affrontements, Cornet ne reste pas en retrait : elle utilise sa corne magique
pour renforcer ses alliés, mais aussi pour attaquer ses
adversaires. Elle dispose aussi d’attaques spéciales sucrées, qui s’activent
grâce à une jauge
accumulée au fil des combats. Ces techniques sont
aussi puissantes que rigolotes, comme celle du Pancake, où une montagne de crêpes s’écrase sur l’écran pour écraser les ennemis.
Et il ne faut pas oublier la cerise sur le gâteau : les chansons. Comme le titre l’indique, il s’agit d’une aventure où la musique joue un rôle central. On entend donc Cornet, mais aussi Etoile, Marjoly et d’autres personnages, livrer leurs prestations musicales. C’est plutôt comique et c’est peut-être cet élément qui a rendu le jeu mémorable pour plusieurs.
Vers le dernier tiers du jeu, l’histoire reprend son envol. Certains passages sont même touchants, notamment ceux liés à la mère de Cornet, décédée plusieurs années auparavant. Le tout se termine sur une très bonne note, malgré le creux scénaristique qui précède.
Pour cette raison, et pour toutes celles évoquées plus tôt, je ne peux qu’apprécier Rhapsody. C’est un jeu divertissant, mignon, et même quand il ne se passe pas grand-chose, on peut toujours s’amuser avec sa petite collection de monstres, comme si on avait de nouveau dix ans.





