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Une montagne qui n’en est pas une

Les bas (et surtout les hauts) d’Encouragement of Climb.

Parfois, on tient une perle entre les mains sans le savoir. C’est ce qui m’est arrivé avec Encouragement of Climb, un anime dont j’ai découvert la richesse petit à petit, jusqu’à m’y attacher bien plus que je ne l’aurais cru au départ.

L’histoire commence quand Aoi, une jeune fille timide, retrouve Hinata, une amie d’enfance avec qui elle a gravi une montagne quelques années plus tôt. Passionnée par la randonnée en montagne et pleine d’entrain, Hinata embarque Aoi dans son monde et, chemin faisant, l’aide à sortir peu à peu de sa coquille.

Il m’a fallu un certain temps pour me faire une idée de cette série. La première saison, composée d’épisodes de seulement trois minutes, introduit les personnages à un rythme rapide. Et pourtant, malgré ce format ultra court, plusieurs sujets sont abordés : l’importance de l’équipement, le plaisir de manger en montagne, ou encore les débuts hésitants d’Aoi, qui apprend peu à peu à s’adapter, en commençant par les petites montagnes.

Puis vient la deuxième saison, où les épisodes passent à onze minutes. J’ai d’abord trouvé les premières expéditions des filles très sympathiques et relaxantes. Mais au fil des épisodes, la série s’est un peu trop égarée à mon goût : un détour par la baignade en pleine ville, puis un épisode spécial… sur le magasinage d’une brassière. À ce moment-là, j’ai failli décrocher. Je craignais que la montagne ne serve plus que de prétexte à une énième série où l’on regarde des filles mignonnes faire des choses mignonnes, et rien de plus. Ce n’était pas pour ça que j’avais choisi Encouragement of Climb.

C’est justement après ces épisodes plus ordinaires que l’anime prend enfin son essor, et pour de bon. Les filles décident de s’attaquer au mont Fuji, mais en cours de route, Aoi est prise de mal des montagnes et doit abandonner. S’ensuit une période de déprime, de remise en question. J’ai beaucoup aimé la manière dont la série aborde l’échec : celui qu’on rencontre en montagne, bien sûr, mais aussi dans la vie. Il faut du temps pour s’en remettre, pour retrouver l’élan. Parfois, ça passe par un détour, une autre approche. Et un jour, on y retourne. Cette partie m’a profondément touché.

Ensuite, la série alterne entre les sorties en montagne et des scènes du quotidien. Mais ici, ces moments plus terre-à-terre ne sont pas là pour combler le vide : ils servent à faire avancer les personnages. On suit Aoi dans ses efforts pour surmonter sa timidité, que ce soit pour parler à un vendeur ou aller vers ses camarades de classe. Chaque petite victoire semble aussitôt suivie d’un nouveau mur. À peine une difficulté surmontée, une autre se présente, comme si tout était toujours à recommencer.

En montagne, c’est la même chose. Aoi peine à suivre ses amies, moins endurante, plus vite essoufflée. Elle traîne à l’arrière, fatiguée, et se demande parfois pourquoi elle s’impose tout ça. Mais à force de persévérance, elle finit par atteindre son but. Et pourtant, là aussi, tout semble recommencer depuis le début. Ou presque : car si les obstacles sont toujours là, elle puise de plus en plus de courage pour leur faire face.

Mais pour cela, Aoi n’est pas seule. Et c’est là que le titre de l’anime, Encouragement of Climb, prend tout son sens. Hinata l’aide à sortir de sa coquille, que ce soit en partageant sa passion pour la montagne ou en l’encourageant à se faire de nouvelles amies. Elle se donne à fond pour l’accompagner, jusqu’à s’oublier un peu elle-même.

Pendant la troisième saison, Aoi commence à gagner en assurance et se fait de nouvelles amies. Par un concours de circonstances, elle et Hinata se voient de moins et moins souvent. Pensant que son amie n'a plus besoin d'elle, une certaine amertume s’installe chez Hinata, habituellement si joyeuse. Et c’est en montagne que tout craque : son humeur se dégrade, jusqu’à plomber l’ambiance lors d’une sortie avec les autres. On découvre alors une autre facette d’elle, plus vulnérable, plus incertaine — et d’autant plus humaine.

À travers toutes ces péripéties, on apprend aussi à mieux connaître les autres personnages. Il y a d’abord Kaede, une adolescente plus expérimentée qui fait figure de mentore dans le groupe. On la voit cependant participer de moins en moins aux randonnées, occupée par la préparation de ses études supérieures.

Puis vient Kokona, la plus jeune. C’est une fille qui a encore un pied dans l’enfance. Elle vit avec sa mère et passe souvent du temps seule, mais contrairement à Hinata, cela ne semble pas la déranger. Indépendante et débordante d’imagination, elle parvient à meubler ces moments de solitude.

Enfin, on découvre Honoka, une autre fille timide, qui apparaît plus tard dans la série. Elle habite loin du reste du groupe, ce qui limite ses occasions de sorties en montagne. Aoi s’identifie facilement à elle, y retrouvant ses propres difficultés face à la timidité. Et comme Honoka est un peu plus jeune que les autres, elle tisse naturellement un lien avec Kokona, plus proche d’elle en âge.

Ces personnages viennent colorer l’anime avec des interactions et des idées de randonnées qui empêchent le récit de s’essouffler. On y croise aussi d’autres figures plus secondaires : collègues de travail, amis d’école, et même les parents des protagonistes. Plutôt que de rester de simples décors, ils participent activement à la dynamique des épisodes, allant jusqu’à accompagner les filles lors de quelques sorties.

J’ai beaucoup apprécié cet aspect familial, souvent absent ou minimisé dans tant d’autres œuvres. Dans certaines séries, on a l’impression que les personnages vivent en vase clos, mais ici l’auteur a pris soin de bâtir une vraie structure sociale autour d’eux. Le tout est saupoudré d’humour, notamment grâce au frère de Honoka, qui se donne en spectacle avec sa voiture sportive, musique à fond pour se faire remarquer, ce qui n'aide en rien le problème de timidité de sa soeur…

Bref, si ce n’était pas encore clair, j’ai adoré cet anime. Il m’a donné envie de me dépasser et d’affronter mes propres montagnes, que ce soit en faisant du vélo ou en combattant le découragement avant d’écrire un nouveau texte. Aussi, ça m’a donné l’envie de partir à la découverte d’aussi beaux paysages aussi magnifiques que ceux, si joliment illustrés, dans la série.

Personnellement, j’aurais regardé sans problème bien d’autres saisons, mais en même temps, la fin conclut parfaitement le récit, en toute sérénité. Je crois donc que la série s’est arrêtée au meilleur moment. 

Au sommet de son histoire.

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