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Happy-Go-Lucky Days

Vous souvenez-vous du film Happy-Go-Lucky Days?


Il est composé de trois courtes histoires portant sur l'amour et la sexualité. Appartenant davantage au cinéma de répertoire, il est passé inaperçu et il n'a pas beaucoup été apprécié par les quelques fans d'anime qui l'ont visionné. À l'origine, il provient d'un manga  écrit deux décennies auparavant qui était destiné aux jeunes femmes. Si j'écris aujourd'hui à propos de cette oeuvre, c'est parce que je l'ai bien appréciée et que je souhaite lui rendre justice. 

Dans la première histoire, on suit Ecchan, une femme qui se rend au mariage de celle qui lui a donné son premier baiser lorsqu'elle était adolescente, Yuri. Pendant qu'elle s'isole pour aller pleurer sa peine, Ecchan rencontre Aya, une autre femme qui est aussi tombée sous le charme de Yuri par le passé. Un peu saoules, les deux jeunes femmes décident d'aller dormir au même endroit. Cela sera le début d'un relation entre les deux ex amoureuses de Yuri... 

Dans la deuxième histoire, on voit Sawa, un jeune professeur du dernier niveau de l'école secondaire, recevoir une déclaration d'amour d'un de ses élèves qui terminera l'école bientôt, Yagasaki. Bien qu'il ne se passe rien entre les deux jeunes hommes, Sawa est très heureux d'être aimé. Cela lui permettra de réaliser ses propres sentiments et de découvrir son orientation sexuelle. Mais devant sa famille, ses collègues et ses élèves, il garde tout cela secret... 

Dans la troisième histoire, on décrit la relation amoureuse naissante entre Shin et Mika, deux élèves de cinquième année du primaire. Le récit est divisé en deux parties. Dans la première, on voit Shin fantasmer sur une jeune femme, Sayoko. Cette dernière a été mis à la porte par son père parce qu'il a découvert qu'elle avait tourné un film porno. Elle vit en attendant chez ses voisins, les parents à Shin, et elle entretien une attitude très provocatrice envers le jeune garçon. Elle fait cela pour le taquiner et aussi pour qu'il ose aller plus loin avec Mika. Ce dernier refuse, avançant qu'il est beaucoup trop jeune pour cela. Mika, de son côté, souhaiterait plus qu'une simple amitié. Dans la deuxième partie, Sayoko n'est plus dans le portrait, puisque nous sommes quelques années plus tard. On voit la relation entre Shin et Mika enfin aboutir...

En ce qui me concerne, j'ai aimé chacune des histoires. Elles sont légères et contiennent même une certaine dose d'humour. Je sais que bien des gens ne les ont pas appréciées cependant. En premier lieu, certains affirment que les deux premières histoires ont mal vieillies. L'homosexualité, dans ces dernières, est vécue en secret. Or, selon les détracteurs, aujourd'hui, nous vivons dans un monde ouvert et ce genre d'oeuvre n'a plus vraiment sa place. En ce qui me concerne, je me dis: Et puis après, qu'est-ce que ça fait qu'on décide de créer une oeuvre qui se passe dans ce contexte? Est-on obligé que chacune des oeuvres respecte à tout moment et en tout point les valeurs qu'on a décidé qui sont présentement celles à la mode?

Cela m'amène à l'autre critique de l'oeuvre, qui va dans le sens contraire de la première. Ça concerne la troisième histoire. Selon ses détracteurs, ce qu'on y présente n'a aucun bon sens. On voit des gens parler ouvertement de sexualité avec des enfants, comme si c'était normal. On voit aussi Shin laver ses sous-vêtements lui-même le matin, après qu'il ait fait des rêves mettant en scène Sayoko. Pour ceux qui n'ont pas compris, c'est une façon subtile de montrer que le petit garçon a fait des rêves mouillés. Et bien entendu, pudeur oblige, il s'occupe de tout pour cacher ce qui s'est passé! Pour ma part, ça m'a fait rire. Sans entrer dans les détails, ça m'a rappelé le début de ma puberté! :-)

Ceci dit, ce qu'on illustre dans la troisième histoire se produit dans le monde réel. Les jeunes qui veulent être en couple et qui parfois veulent aller plus loin - voire trop loin - ça existe. Alors qu'on l'aborde dans un anime, et pas du tout de façon perverse, ça me va complètement. Cela me ramène à ce que j'ai dit plus tôt: Est-ce qu'on est obligés de respecter les valeurs (ou les bonnes moeurs) de notre époque? Depuis quand l'art doit se conformer à l'idéologie dominante du moment, à l'acceptabilité et à la pression sociale? 

Cela m'amène à mon dernier point et à ma conclusion. Pour être en mesure d'apprécier cet anime, je crois qu'il faut plus qu'une simple ouverture d'esprit. Il faut aussi être suffisamment mature pour les thèmes abordés, surtout pour ce qui est de la dernière histoire. Il faut être capable de mettre en perspective ce qu'on connaît de notre monde, pour pénétrer entièrement dans l'univers de l'oeuvre. Également, il faut mettre ses propres penchants de côté. Sinon, comment apprécier des amours différents de nos propres orientations? 

En fait, plus j'y pense, plus que je crois qu'en fin de compte, c'est vrai que ce film appartient à une autre époque. Aujourd'hui, les gens sont divisés en différentes communautés d'intérêt. Il y a des segments qui plairont à un certain public, mais qui laisseront les autres indifférents. Ça, c'est quand on ne se retrouvera pas carrément avec des gens offusqués, voir outrés par le contenu considéré comme indésirable. Or, quand le manga originel a été créé, c'était davantage destiné à un public ouvert, de divers horizons et avec certaines sensibilités artistiques. C'était une sorte de carrefour des différentes expressions, toutes réunies. 

Et c'est seulement quand on est en mesure de retourner dans cet état d'esprit, tourné vers ce qui est différent de nous, qu'on peut relaxer et apprécier! C'est un anime sans grande prétention qui raconte tout simplement des petites histoires très humaines. Et c'est cette si grande simplicité que j'ai appréciée. Et aussi le fait qu'elle est toujours d'actualité, et un peu avant-gardiste même!

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