Passer au contenu principal

Brother, Dear Brother

Vous souvenez-vous de la série Brother, Dear Brother?


Il s'agit d'une adaptation d'un manga destiné aux jeunes filles qui a été écrit en 1974 par Ryoko Ikeda, l'auteure de The Rose of Versailles. Les deux oeuvres ont d'ailleurs plusieurs similitudes thématiques et c'et pour cette raison que j'étais curieux de découvrir cet anime qui me semblait atypique à bien des égards... 

La première chose qui m'a frappé en regardant cette série, c'est le côté visuel. Dès les premières secondes, on a l'impression de voir des dessins d'un anime des années 1970, mais avec les moyens des années 1990. En effet, la façon dont sont dessinés les personnages rend l'oeuvre très fidèle au manga. Mais ce n'est pas seulement cela. À quelques moments, on fait un arrêt sur image lorsqu'une scène se termine, comme si le temps se figeait. Quand cela se produit, on remplace l'image immobile par un dessin fait à la main qui semble tout droit sorti d'un artbook de la créatrice originale. J'ai trouvé cela très joli. À chaque fois que ça se produisait, je gravais ce moment en mémoire et je prenais le temps d'assimiler ce qu'il venait de se passer...

Outre l'aspect artistique, il y a l'histoire. Ou devrais-je dire les histoires, celles qui concernent chacun des personnages. On tombe facilement dans le mélodrame et des thèmes sérieux sont abordés: l'homosexualité, le bullying, l'abus de médicaments et le suicide, notamment. Eh oui, et je le précise de nouveau. Le manga est destiné à un jeune public féminin et a été écrit dans les années 1970. C'était très audacieux à l'époque, et même dans nos contrées occidentales aujourd'hui, il faudrait tout un courage pour traiter de ces thèmes dans un dessin animé destiné à des enfants. Différence culturelle, j'imagine...

Pour revenir à l'intrigue, chaque personnage a sa propre histoire. Il y a d'abord la protagoniste, Nanako. D'abord heureuse d'intégrer une école pour filles, l'adolescente se retrouve rapidement victime de brimades. En effet, en tentant de joindre Sorority, un groupe d'élite apprécié de toutes les élèves, elle attisera la jalousie de plusieurs. Au fil du temps, elle tombera sous le charme de Rei, une camarade de classe plus âgée qu'elle. Et ce ne sera pas toujours d'une façon saine. Par exemple, elle ramassera une cigarette jetée par Rei, pour tenter de la fumer par la suite! Quoi qu'il en soit, tout au long du récit, elle écrit des lettres à un ancien professeur qu'elle appelle affectueusement son grand frère, d'où le titre de l'oeuvre. Ce dernier a un certain rôle dans l'histoire d'ailleurs...

Ensuite, il y a Rei. Il s'agit d'une jeune femme qui a une apparence masculine. Elle est grande, douée en sports et en arts. Elle est admirée par toutes les filles de l'école. Sauf par Fukiko, celle qui est à la tête de Sorority, qui la méprise. Contrairement à l'idée que se font celles qui l'idéalisent, Rei est une personne tourmentée qui ne prend pas très soin d'elle. Elle passe une bonne partie de son temps à ruminer du noir à l'abris des regards, et prenant des médicaments afin d'oublier un peine qu'elle porte au fond de son coeur. C'est la vrai Rei, dans toutes ses facettes, que Nanako aime. 

Après, il y a Fukiko. Il s'agit d'une jeune femme élégante qui souffle le chaud et le froid. En effet, elle a beaucoup de pouvoir dans son école et elle sait autant faire preuve de gentillesse que de cruauté. Elle s'intéresse à Nanako à cause du lien que cette dernière a avec son ancien professeur. C'est elle qui manigance afin que Nanako rejoigne Sorority. Enfin, elle agit avec méchanceté envers Rei, de façon gratuite. La relation entre elle et Rei est plutôt complexe...

Aussi, il y a Mariko. C'est une adolescente qui s'intéresse à Nanako, mais de façon excessive. Dès qu'elle la voit, elle décide qu'elle sera sa meilleure amie. Elle s'approchera d'elle au point de créer un certain malaise. À un certain moment, elle lui mordillera même l'oreille par surprise, comme s'il s'agissait d'un comportement normal. Aussi, elle ressent une grande jalousie face à l'amie d'enfance de Nanako, car elle veut une amitié exclusive. À l'école, elle désire se joindre au Sorority et pour cela, elle fait preuve de beaucoup de détermination. Dans sa vie personnelle, elle vit plusieurs difficultés familiales. Plus tard, elle développera un intérêt - cette fois-ci plus sain - envers une autre fille, Kaoru. 

Enfin, il y a Kaoru. C'est la fille qui à mon avis est la plus normale du groupe, ce qui n'est pas très difficile, compte tenu de comment sont les autres, j'en conviens... Elle est très sportive, mais elle a un problème de santé important. Comme Rei, elle a une apparence androgyne et pour cette raison, plusieurs filles s'intéressent à elle. Elle a un grand coeur et un sens de la justice très aiguisé. Elle est l'amie la plus proche de Rei et elle est n'hésite pas à la sermonner quand cette dernière ne prend pas soin de sa santé. 

Sans entrer dans les détails, de nombreux événements se produisent avec ces personnages, dont plusieurs sont dramatiques. On les voit toutes évoluer au cours du récit, mais celles que j'ai préféré voir progresser sont Nanako et Mariko. La première réussit à surmonter le bullying dont elle est victime et malgré le fait qu'elle soit d'un tempérament doux, elle n'hésite pas de faire ce que son coeur lui dicte, même si cela risque de lui mettre des personnes à dos. Mariko, pour sa part, est une fille qui a des problèmes mentaux et relationnels importants. Elle part donc de loin. Mais au cours du récit, elle évolue jusqu'à ce qu'elle devienne une adolescente tout à fait normale. 

Ceci dit, j'ai trouvé qu'on tombe beaucoup trop dans la surenchère en ce qui concerne les drames qui se produisent. J'ai aimé cela, mais il y a un certain événement, vers la fin, que j'ai trouvé vraiment gratuit. Ça m'a choqué, mais aussi, ça l'a fait un certain trou dans le scénario qui était jusque là bien construit. Mais malgré tout, j'ai beaucoup aimé cette série, qui est très différente de ce que l'on trouve dans les autres animes. On est loin de l'anime mignon et ce qu'on décrit est un peu plus sale... Et je le réitère: j'ai beaucoup aimé cette série. Le fait que ce soit totalement différent à ce dont je m'attendais ne m'a dérangé, au contraire. C'est un anime qui est adapté d'une oeuvre de la créatrice de The Rose of Versailles après tout. Dans ce cas, comment aurais-je pu ne pas l'aimer?

Messages les plus consultés de ce blogue

Les démons de Tokyo

Ma seconde tentative pour comprendre Doomed Megalopolis. Il y a quelques années, alors que je prenais le bus chaque jour pour aller travailler, je regardais des séries pour tuer le temps. À l’approche de l’Halloween, j’ai décidé d’adopter un vieil anime obscur, oublié et mal aimé : Doomed Megalopolis . Je me souviens avoir beaucoup aimé son atmosphère, sans rien y comprendre en fait, pour être honnête. Peut-être était-ce tout simplement parce que je n’étais pas assez attentif, dans ce contexte bruyant où je devais sans cesse interrompre le visionnement? Avec du recul et à tête reposée, j’ai décidé de revisiter cette courte série récemment, persuadé que j’allais enfin comprendre, et ce, sans trop d’efforts. I was fucking wrong. L’histoire commence en 1907, alors que Kato, un mystérieux homme en costume d’armée, tente de réveiller Masakado, un dieu censé protéger Tokyo, pour que la colère de la divinité se déchaîne sur la ville. Son plan échouant, il se tourne vers Yukari, un...

Une montagne qui n’en est pas une

Les bas (et surtout les hauts) d’Encouragement of Climb. Parfois, on tient une perle entre les mains sans le savoir. C’est ce qui m’est arrivé avec Encouragement of Climb , un anime dont j’ai découvert la richesse petit à petit, jusqu’à m’y attacher bien plus que je ne l’aurais cru au départ. L’histoire commence quand Aoi, une jeune fille timide, retrouve Hinata, une amie d’enfance avec qui elle a gravi une montagne quelques années plus tôt. Passionnée par la randonnée en montagne et pleine d’entrain, Hinata embarque Aoi dans son monde et, chemin faisant, l’aide à sortir peu à peu de sa coquille. Il m’a fallu un certain temps pour me faire une idée de cette série. La première saison, composée d’épisodes de seulement trois minutes, introduit les personnages à un rythme rapide. Et pourtant, malgré ce format ultra court, plusieurs sujets sont abordés : l’importance de l’équipement, le plaisir de manger en montagne, ou encore les débuts hésitants d’Aoi, qui apprend peu à peu à s’adapte...

Un disque rayé, mais attachant

Mon aventure lyrique avec Rhapsody: A Musical Adventure. Alors que je commençais à jouer à Final Fantasy XVI avec ma femme, certains passages m’ont paru particulièrement violents. J’avais envie d’alterner avec quelque chose de plus léger. C’est ainsi que je me suis lancé dans Rhapsody: A Musical Adventure , un petit jeu sympathique qui traînait depuis des années dans ma liste infinie des jeux à finir. J’y avais déjà touché il y a plusieurs années, à l’époque où je l’avais encore sur DS. J’avais lancé une partie, mais sans vraiment accrocher. Je me souviens vaguement l’avoir trouvé trop facile, et l’avoir rangé après quelques minutes. Cette fois, j’ai décidé de lui redonner une vraie chance. J’étais vraiment dans le bon état d’esprit. Dès ma première session, j’ai été sous le charme. Le design des personnages et des créatures est adorable. Les premiers lieux que l’on explore, l’Orange Village et l’Ancient Forest, sont colorés et ont un petit côté féérique. La musique qui les acco...