Vous souvenez-vous de la série et du manga The Rose of Versailles?
Même si je n'étais pas encore né quand le dessin animé fut diffusé pour la première fois, j'ai eu l'occasion de le voir à la télévision pendant mon enfance. À cette époque, je n'étais pas vraiment intéressé. J'étais jeune et mes intérêts étaient très différents. Je n'ai donc jamais eu de nostalgie par rapport à cette oeuvre. La première fois que je me suis réellement intéressé à cette série, c'était en 2007. J'avais acheté à rabais les DVD en version française. Après les avoir visionné tous les épisodes, j'ai eu le coup de foudre pour cette série. Peu après, je me suis procuré les mangas et je les ai rapidement lus. J'ai adoré! Maintenant, trêve de bavardage! Parlons d'abord des personnages...
L'histoire met en scène Oscar, la sixième fille d'un général qui a été élevée comme un garçon afin de succéder à son père dans la garde royale. Oscar s'est toujours comportée comme un homme afin d'accomplir son devoir. Pour ce, elle réprime son côté féminin, ce qui ne l'empêche toutefois pas de tomber en amour à deux reprises. Elle aura comme tâche d'assurer la protection de Marie-Antoinette, qu'elle considère comme une amie. Oscar est droite et fidèle.
La jeune femme a comme ami d'enfance André. C'est avec ce dernier qu'elle a appris l'art de l'épée et l'équitation. Ce jeune homme est sensible et a développé un sentiment amoureux pour Oscar. Mais il garde tout en dedans de lui. À un certain moment dans la série, il entend parler de la Révolution et son opinion à propos du régime royal change graduellement, comme bien des habitants de la France à l'époque. Malgré cela, le plus important pour lui, c'est celle qu'il aime.
Enfin, l'autre personnage qui est important, c'est Marie-Antoinette. C'est une jeune fille pleine de vie qui est quelque peu naïve. Même si elle est mariée au roi Louis XVI, elle tombe amoureuse de Fersen, un aristocrate de Suède. Il y a aussi d'autres personnages qui s'ajoutent au lot au fil du récit, notamment Rosalie, une fille qui admire énormément Oscar et également Madame de Polignac, une femme sans coeur qui manigance dans l'ombre, etc. Dans cette oeuvre, les femmes ont beaucoup de place et c'est un élément que j'ai apprécié.
Ce que j'ai apprécié également, c'est le thème principal de l'oeuvre. Certains croient qu'il s'agit de la Révolution française, mais pour ma part, je pense qu'il s'agit plutôt des tourments causés par la société avec ses traditions et ses obligations. Oscar en est le parfait exemple. Étant donné que les femmes n'ont pas le droit de devenir garde royal, on fait d'elle un homme. On la force ainsi à renoncer à ce qu'elle est réellement en la coupant de sa féminité. Cela lui donne de grandes libertés, mais en même temps, elle doit garder sous contrôle les sentiments qu'elle développe. Dans le générique d'ouverture, on voit Oscar représentée comme une rose entourée d'épines, immobile. Cela illustre parfaitement ce que cette femme est devenue, placée dans un rôle dont elle ne peut se défaire sous peine de s'infliger de grandes souffrances.
Pour ce qui est de Marie-Antoinette, la situation est en quelque sorte similaire. Elle s'est retrouvée mariée à un homme qu'elle n'aime pas réellement, et celui qu'elle aime lui est inaccessible. En tant que reine, elle se doit d'être fidèle au roi et à la France. Son devoir, là aussi, vient briser une partie d'elle, qu'elle doit ignorer même si cela est très difficile. Et ce n'est pas la seule dans cette situation. Dans un des épisodes, on raconte l'histoire de Charlotte, une jeune fille de onze ans que sa mère marie à un homme plus âgée. Dégoûtée et attristée, l'enfant préféra s'enlever la vie. Ça m'avait surpris qu'on aborde ce sujet dans un dessin animé, qui plus est était destiné aux enfants à l'origine...
Ceci dit, on sait que les pauvres souffraient beaucoup à cet époque et on le montre dans cet anime. Mais ce qui est intéressant avec cette oeuvre, c'est que l'on parle aussi des difficultés de la noblesse. On dépeint les différentes tragédies que ces derniers vivaient, pris eux aussi dans un système sur lequel peu avaient de contrôle. Enfin, une des choses que j'ai particulièrement aimée, c'est l'amour entre Oscar et André. Il ne s'agit pas d'un amour romancé tout beau et tout rose. C'est plutôt un amour doux et serein qui a grandi entre deux personnes qui se connaissent depuis toujours. Pour ma part, je trouve cela très joli et j'aimerais voir plus souvent de ces amours matures dans les mangas.
Parlant du manga, jusqu'à maintenant, je me suis attardé à l'anime. À quelques détails près, les deux oeuvres se ressemblent. La principale différence, c'est qu'en lisant le manga, on a l'occasion d'apprécier les jolis dessins, dont la qualité est plus constante que ceux de l'anime qui date des années 1980. Le style artistique de la bande dessinée a beaucoup mieux vieillie visuellement, quoi que l'anime est beau aussi! De plus, il y a quelques histoires annexes dans le manga et ces dernières sont très bien, même si très différentes de la trame narrative principale. C'est intéressant de retrouver les personnages après avoir terminé l'histoire. Ceci dit, l'anime a aussi son charme et personnellement, pour le côté tragique, le dessin animé m'a davantage touché...
Je pourrais parler encore longuement de cette oeuvre, car il y a beaucoup plus d'éléments que le peu que j'ai mentionné ici. Il y a plusieurs sous intrigues qui gardent en halène les spectateurs et lecteurs. The Rose of Versailles est non seulement une oeuvre de qualité, mais c'est aussi très divertissant. Mais comme on s'en attend - on parle de la Révolution française après tout - ça ne se termine pas bien pour tout le monde. À la fin, j'étais très triste. J'ose pas imaginer comment se sont sentis les enfants qui ont écouté cette série à la télévision. Je comprends cependant pourquoi ils ont été marqué par cet anime, qui ressortait du lot des dessins animés que l'on diffusait à l'époque. Et même aujourd'hui, je suis persuadé que cette oeuvre fait encore le poids par rapport aux autres animes et mangas. En tout cas pour moi, c'est l'une des meilleures!


