Vous souvenez-vous de la série et du premier film de Revue Starlight?
En réalité, l'une des particularités de cet anime, c'est qu'il met en scène des duels entre filles. Et quand je dis « duels », je ne parle pas de compétitions de chant, de théâtre ou d'acrobaties. Il s'agit littéralement d'affrontements armés. Le tout se passe dans un théâtre sous-terrain où une giraffe narcissique et télépathe observe ce qui est en fait... des auditions! Qui plus est, on représente des adolescentes avec des tendances plus ou moins lesbiennes, ce que l'on remarque dans les relations que plusieurs d'entre elles entretiennent...
Ce dessin animé est étrange et à plusieurs égards, vous l'aurez compris. Quand j'ai terminé la série, je ne savais pas si je l'appréciais ou non. Ce dont j'étais sûr toutefois, c'est qu'il avait créé en moi une grande fascination. Je n'ai pas tout compris sur le coup - et je ne crois toujours pas avoir tout saisi au moment où j'écris ces lignes - mais chose certaine, plus j'y pense, plus je l'aime. Et après avoir écouté la version condensée en film, je suis en mesure d'affirmer que désormais, cet anime fait partie de mes favoris. C'est un goût acquis cependant. Je suis conscient que ce n'est pas la tasse de thé de tout le monde.
Commençons par parler du scénario. On raconte la vie de tous les jours de neuf filles appartenant à une troupe de théâtre. On apprend à les connaître et rapidement, on comprend que plusieurs sont des très bonnes amies, disons! On s'attend à les voir pratiquer les différents arts qu'elles apprennent, mais le focus est plutôt mis sur les duels. Ces derniers sont présentés comme une pièce de théâtre musicale. Sur le coup, j'ai trouvé cela génial, mais au fil du temps, ça m'a déconcerté. En effet, pour quelle raison présente-t-on ces combats? Pourquoi ne pas raconter plutôt le récit de façon normale?
Or, après avoir réfléchi, j'en ai déduit que c'est tout simplement un choix artistique des créateurs. On a décidé de mélanger l'avant scène avec l'arrière scène, la pièce de théâtre avec la vie personnelle et professionnelle des adolescentes. Et justement, quand on comprends que cet anime est raconté d'une façon poétique et qu'on ne peut pas le visionner de la même façon qu'une autre émission, on se met à davantage l'affectionner. En tout cas pour moi, ce fut le cas. Mon but n'était plus de comprendre pourquoi c'était ainsi, mais simplement d'apprécier le spectacle en acceptant de ne pas tout savoir, de se laisser bercer par les émotions et la beauté de ce merveilleux spectacle!
Et parlant de beauté, cet anime est réellement joli. Les duels, tout d'abord, sont tout simplement sublimes! Il sont très fluides, beaucoup plus que dans la série avec laquelle on la compare parfois, Revolutionary Girl Utena. En s'affrontant, les filles expriment leurs émotions par la parole et par le chant. Ces éléments combinés font de cet anime quelque chose d'unique et le résultat, au niveau artistique, est très réussi. Aussi, les costumes des adolescentes est très classe. Sans compter les filles elles-mêmes, qui sont très belles sans qu'elles soient trop sexualisées. Toutefois, certaines se ressemblent un peu trop et c'est parfois mélangeant quand on voit l'une d'entre elles dans les premières secondes d'une nouvelle scène. Je pense à Hikari, Mahiru et Kaoruko, qui ont toutes des cheveux foncés et plutôt longs. Il aurait été apprécié de faire plus de diversité. Mais heureusement, on s'habitue. Surtout avec la version série qui nous laisse plus de temps pour assimiler le contenu, contrairement au film qui est un peu rapide. Enfin, les chansons, en plus d'être intenses, cadrent très bien avec les scènes d'action. Personnellement, je les ai bien aimées. Et grâce à cet étrange mélange, on a l'impression d'assister à une vraie pièce de théâtre...
Là, ça fait plusieurs lignes que je m'exprime sur la forme et je n'ai pas encore parlé des personnages. Chaque adolescente ou presque correspond à un archétype, mais pas nécessairement à ceux dont on est habitué dans d'autres animes. Elles ne sont pas toutes gentilles et adorables. Au contraire, plusieurs ont un côté plutôt désagréable. Elles sont imparfaites et c'est précisément ce que j'apprécie. En ce qui concerne le développement de la personnalité de chacune d'entre elle, on l'illustre dans leur vie de tous les jours, dans des flashbacks et surtout, lors des affrontements auxquels elles participent.
Karen et Hikari sont les deux protagonistes. Quand elles étaient jeunes, elles ont vu une pièce de théâtre qui les a beaucoup marquées. Mais un jour, Hikari a annoncé qu'elle partait à Londres. Les deux enfants se sont fait la promesse de se revoir et de partager la même scène lorsqu'elle seront actrices. Karen est une jeune fille enthousiaste et amicale, mais depuis quelque temps, elle néglige un peu sa pratique. Elle a de la difficulté à se lever les matins... Mais lorsque Hikari revient au Japon, la motivation de Karen grandit et elle recommence à se donner à fond. Ceci dit, elle a tendance à être dépendante de Hikari. Sa motivation semble davantage liée à son envie d'être avec celle qu'elle aime qu'à son amour pour le théâtre en tant que tel. Pour sa part, Hikari est plutôt froide. Du moins, c'est le cas lorsqu'elle commence à intégrer l'académie. Elle est extrêmement douée sur le plan technique, mais elle a perdu de sa brillance suite aux résultats des précédentes auditions auxquelles elle a participée. Son caractère s'adoucit avec le temps, mais un côté d'elle reste imprévisible et impulsif. Elle et Karen ont une relation tantôt chaleureuse, tantôt distante. Et c'est par la faute de Hikari, avec qui on ne sait jamais sur quel pied danser.
En ce qui concerne les autres personnages, il y en a pour tous les goûts. Pour ma part, le couple Futaba × Kaoruko est celui qui m'intéresse le plus. Leur relation est quelque peu malsaine, mais en dépit de cela, j'ai aimé voir ces adolescentes ensemble. Kaoruko est la petite fille héritière d'une prestigieuse école de danse traditionnelle japonaise. Elle est très fière de son talent, mais elle est plutôt paresseuse. Elle demande à Futaba, qu'elle connaît depuis qu'elle est toute petite, de faire à peu près tout pour elle. Malgré cela, elle n'exprime presque jamais de reconnaissance. Pour sa part, Futaba travaille très fort, et elle parvient même à devenir très talentueuse à force de persévérer. Elle a une apparence et une attitude plutôt garçonne, et c'est cela qui fait son charme. C'est une personne fiable sur qui on peut compter, mais en même temps, elle se laisse trop mener par le bout du nez par Kaoruko. Elle doit l'aimer beaucoup! Je suis conscient que ces deux filles ont une relation dysfonctionnelle, mais je ne peux m'empêcher de trouver qu'elles vont bien ensemble. Si Kaoruko se forçait un peu plus, ce serait un couple parfait... ou presque!
Pour ce qui est des autres, il y a d'abord Mahiru, la camarade de chambre de Karen. Elle semble amoureuse de cette dernière et elle aime prendre soin d'elle. Cependant, quand Hikari arrive dans le portrait, ça gâche tout pour Mahiru et cette dernière commence à ressentir une certaine jalousie. Ou plutôt une déception, car la Karen qu'elle connaît - celle qui est un peu insouciante - se métamorphose en fille de plus en plus vaillante au contact de Hikari. Cela fait en sorte qu'elle se repose moins sur les épaules de Mahiru. Il y a aussi Claudine et Maya, deux rivales qui sont, jusqu'à l'arrivée de Hikari, dans les plus douées de leur classe. Elles sont très proches l'une de l'autre. Également, il y a Junna, une jeune fille qui aime sortir de temps à autre des citations de la littérature et de la philosophie, mais qui a peu de confiance en elle sur scène.
Puis enfin, il y a Nana. Cette fille est non seulement excellente en musique et en danse, mais elle l'est aussi en production théâtrale. En plus de cela, elle est vraiment importante dans l'histoire. Pour ceux qui ne veulent pas de spoilers, sautez au paragraphe suivant. Dans Revue Starlight, quand une personne gagne les auditions, elle a le droit de faire un voeu. Or, celle qui a réussit cet exploit est nulle autre que Nana. Ayant énormément apprécié sa dernière pièce de théâtre, elle a fait le voeu revivre encore et encore l'année précédente. De toutes les filles, Nana est la seule qui a conscience de cette boucle temporelle, puisque c'est elle qui l'a créée avec son souhait. Or, un beau jour, dans une des nombreuses itérations temporelles, Hikari décide de retourner au Japon. C'est cet événement inattendu qui viendra tout bousculer...
Je l'avoue, quand j'ai appris cela pour la première fois, j'ai été énormément surpris. Ce n'est pas le genre de révélations à laquelle je suis habitué dans ce type d'anime. Et pour être franc, j'ai trouvé cela génial! Après cela, d'autres événements se produisent, dont quelques surprises supplémentaires. Mais c'est l'histoire autour de Nana qui m'a la plus marquée. Et aussi, bien entendu, tout l'aspect artistique et original de cet anime. Donc au final, j'ai beaucoup aimé mon expérience avec Revue Starlight, même si cela m'a pris un certain temps à m'adapter. Alors quand j'ai écouté la suite, le deuxième film, est-ce que j'ai autant apprécié? Ça, vous le saurez dans mon prochain texte à ce sujet...



