Vous souvenez-vous du second arc narratif de la série Ascendance of a Bookworm?
Dans la première saison, tout ce que Myne entreprend a comme objectif de faire avancer son rêve: devenir libraire. Étant donné que les livres ne sont pas des objets courants dans son nouveau monde, elle souhaite en créer afin de les commercialiser par la suite. Elle rencontre plusieurs personnes, dont Lutz son fidèle compagnon et Benno, un marchand qui lui enseigne l'art de la négociation et qui investit dans ses inventions. Mais voilà que le récit perdra son focus pour se concentrer plutôt... sur la vie religieuse!
Lorsque Myne visite le temple lors de sa cérémonie de baptême à l'âge de sept ans, elle y aperçoit un grand nombre de livres, ce qu'elle n'avait jamais vu auparavant. Afin d'avoir le droit d'accéder à ce lieu, elle demande à l'archevêque de devenir une apprentie prêtresse. Ce dernier, voyant qu'elle offre en contrepartie une importante donation, finit par accepter. En effet, les échanges commerciaux ont permis à Myne de s'enrichir. Mais sa richesse n'est pas la seule raison pour laquelle elle est accueillie au sein de ce lieu de culte.
Comme on apprend assez rapidement, Myne a un énorme pouvoir magique qu'elle est incapable de contrôler. Un jour, cela risque de la mener vers la mort. Or, la magie est une ressource importante pour l'Église. Compte tenu qu'il y a peu de nobles pour fournir le temple avec leurs pouvoirs, la venue de Myne est salutaire pour le clergé. Pour la petite fille, cela lui donne l'occasion d'être en sécurité, car sa magie est davantage sous contrôle en ces lieux.
Donc tout va pour le mieux, n'est-ce pas? Bien... pas vraiment. D'abord, quand l'archevêque apprend que Myne provient d'une famille de roturiers, une colère immense s'empare de lui. Il passe à deux doigts de mettre à mort ses parents pour insolence, mais la petite fille, grâce à ses pouvoirs, l'en empêche. Finalement, c'est Ferdinand, le prêtre en charge du temple, qui réussit à calmer le jeu et à faire en sorte que Myne se retrouve sous son aile.
Cela m'amène à parler de deux points. Premièrement, en ce qui concerne les antagonistes de la série, franchement, je les ai trouvé caricaturaux. Ce sont des grossiers personnages qui ont une hargne pour le peuple, qui commettent des mauvaises actions et qui sont méchants... juste pour faire avancer l'histoire dans le sens désiré par l'auteure. Il y a d'abord l'archevèque, mais par la suite s'ajoutent des nobles antipathiques. Compte tenu que les autres personnages étaient illustrés avec plus de nuance, je m'attendais à mieux...
Deuxièmement, avec l'arrivée de Ferdinand dans le décor, on constate que le schéma narratif utilise une formule récurrente. Un nouvel homme se pointe dans la vie de Myne. Ce dernier devient pour elle à la fois une figure paternelle et un partenaire avec qui elle discute d'égal à égal. Quand l'auteure du récit souhaite faire progresser l'histoire vers une autre direction, elle le remplace par un autre. Dans le premier arc narratif, Myne est passée d'Otto le soldat à Benno le marchand. Dans le second, ce sera le tour de Ferdinand, auquel succédera un noble sorti de nulle part, Sylvester.
Personnellement, j'aime bien le rapport que Myne développe avec les différents protagonistes masculins. C'est un type de relation que l'on exploite très peu dans les animes. Cependant, en ce qui concerne Benno que j'adore, on a totalement démoli le lien qu'il avait avec la petite fille. Au début, c'était une relation très saine dans laquelle les deux opposaient occasionnellement leurs points de vue. Mais en général, ils s'entendaient bien. Dans le second arc, ça s'est transformé en relation où ils se chamaillent plus souvent qu'autrement. C'est supposé être drôle, mais moi je n'ai pas aimé!
Pour revenir au temple, Myne a l'opportunité de prendre en charge la gestion de l'orphelinat, qu'elle transforme en lieu de travail où les enfants participent à la production de livres à la chaîne. Avant son arrivée, les petits étaient laissés à eux mêmes en ces lieux, vivant dans des conditions épouvantables, mal nourris et reposant dans un environnement insalubre. Après son passage, elle apprends à ces jeunes à travailler afin de gagner leur vie, améliorant leur sort et leur garantissant d'être traités de façon juste et équitable. En échange, Myne profite de cette situation en s'approchant de son objectif de devenir libraire.
À travers tout ce qui se passe, il y a plusieurs personnages qui entrent en scène. Entre autres, il y a trois serviteurs qui s'occupent de Myne. Au début, ils ne sont pas enthousiastes à servir la petite fille, sachant qu'elle n'est pas réellement une noble. Mais graduellement, Myne réussit à gagner leur confiance et leur amitié. Il y a d'abord Fran, qui était auparavant au service de Ferdinand. C'est un homme sérieux et respectueux. Ensuite il y a Gil, un gamin qui, malgré le fait qu'il n'aime pas Myne aux premiers abords, devient très loyal envers elle.
Mais celle que j'aime la plus parmi ces derniers, c'est Delia. Il s'agit d'une petite fille de huit ans qui travaille comme espionne pour l'achevêque. Elle a grandi dans l'orphelinat et elle est prête à tout pour ne pas y retourner. Elle exprime à quelques reprises son désir devenir la concubine d'un noble afin d'améliorer son sort. En un certain sens, elle ressemble à Myne. Quand les deux ont quelque chose en tête, elles n'en dérogent pas, peu importe ce que ça implique. Cependant, pour le reste, tout distingue les deux petites filles.
Myne a des cheveux bleus bien droits qu'elle attache. Delia pour sa part laisse sa longue chevelure rouge ondulée libre comme l'air. Pour Myne, l'amour est quelque chose d'abstrait et de lointain. Elle ne semble pas à l'aise avec ce concept. En ce qui concerne Delia, elle n'hésite pas à utiliser du pouvoir de séduction (qu'elle croit avoir) pour parvenir à ses fins, ce qui n'est pas toujours fructueux, compte tenu de son jeune âge. Myne a eu une vie agréable au sein de sa famille, tandis que Delia est une orpheline. Et j'en passe...
Pour ma part, j'ai aimé le contraste qu'il y a entre les deux enfants, autant pour leur apparence physique que pour leur caractère. Malheureusement, tout cela est gâché vers la fin. Sans savoir les implications de ses actes, Delia participe à un complot contre Myne. Elle le fait parce qu'elle désire le bien d'un bébé auquel elle s'est attachée entre temps. Cela vient aux oreilles d'un noble, Sylvester, et Delia est condamnée à mort, comme les autres impliqués dans cette affaire. Myne plaide pour elle et demande plutôt qu'elle soit envoyée à l'orphelinat toute sa vie, pour s'occuper entre autres du bébé en question.
Pour être honnête, je n'ai pas du tout trouvé que cette peine était clémente, surtout que Delia à la base détestait cet endroit où elle a eu plein de mauvais souvenirs et qui l'a traumatisée. Je suis conscient que l'auteure ne peut pas garder tous ses personnages, mais il me semble qu'il y a des moyens plus élégants de se départir de ces derniers. Et surtout, est-ce que c'était quelque chose que Myne aurait fait? Il me semble avoir manqué de constance ici...
Donc au final, avec tout ce qui s'est passé, j'ai moins apprécié le deuxième arc narratif de cette oeuvre. Il était très bon - ne vous détrompez pas - mais j'ai de loin préféré le premier. Aussi, je ne l'ai pas mentionné dans ce présent texte, mais toute l'histoire du commerce avec Benno et Lutz continue, même si c'est davantage en retrait. Et, encore plus important, la vie de Myne auprès de sa famille se poursuit. Mais à la toute fin, il y a des événements qui se produisent et Myne se retrouve définitivement éloignée de sa famille. Cela m'a choqué. La note sur laquelle se termine cet arc m'a laissé un goût amer dans la bouche.
Comme je l'ai mentionné, j'ai vraiment aimé cet anime, y compris le second arc. Alors il est certain que si un jour on produit une suite à cette série, je serai le premier à vouloir la visionner. Je n'aime pas quand des personnages sont mis à l'écart justement parce que je les apprécie. Mais à chaque fois qu'il y en a des nouveaux, je finis par m'y attacher. Alors, à quand la suite?



