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Le porteur de mondes

Cet été, j'ai lu le roman de fantasy Le porteur de mondes.

J'ai eu la chance d'avoir entre mes mains une copie du manuscrit avant qu'il ne soit publié. Et ce n'était pas la première fois que je lisais cette histoire écrite par ma femme. Avant, j'ai eu l'occasion de lire les versions précédentes en tant que béta lecteur. J'ai beaucoup aimé mon expérience et il faut que j'en parle ici. 

L'histoire commence alors que Maksar, le prince héritier du royaume de Pacifica, est sauvé d'une tentative d'assassinat par la célèbre Éléonore, une mercenaire engagée par sa mère la reine Kassili. Le commanditaire de cet horrible acte n'est nul autre que son propre père, le roi Leif. Ce dernier, obnubilé par une ancienne prophétie depuis qu'il a découvert que son fils a la marque de l'arbre, croit que si le prince meurt, son royaume pratiquement englouti, ainsi que tout le plan de Pélagos, sera sauvé d'un déclin certain. 

Le premier opus se passe principalement dans le royaume elfique dans lequel fuient Maksar et Éléonore, la Loslaury. En ces lieux, il y a non seulement un conflit entre les elfes clairs et les elfes sombres, mais également un danger latent d'invasion des créatures d'Outreterre causé par la diminution graduelle de la force magique qui régit l'existence, cette force produite par l'arbre-monde, le mana. C'est dans ce contexte que Maksar devra apprendre à maîtriser le combat avec Éléonore, à connaître le peuple qui l'accueille et à utiliser ses pouvoirs magiques avec l'aide de sa nouvelle amie, l'elfe Mira. 

Au cours de l'histoire, on change souvent de point de vue. Même si l'intrigue principale du premier volume se passe en Loslaury, on voit aussi progresser ceux qui sont restés à Pacifica, notamment les parents de Maksar, mais également la plus âgée de ses soeurs, Amaryllis. Cette dernière, par ailleurs, apparaît dans le prologue et gagne en importance au fil du récit. J'ai beaucoup aimé cette alternance, qui fait en sorte qu'on reste à maintes reprises sur notre faim, mais jamais trop longtemps. On ne s'ennuie pas en tout cas!

Ce que j'ai aimé également, c'est la richesse du lore qui est principalement développé dans maints dialogues dont plusieurs sont particulièrement intéressants. Il y a notamment les relations tumultueuses entre Pacifica et son principal partenaire économique, le royaume des magiciens Elmana. Il y a aussi le conflit entres les elfes clairs et les elfes sombres que j'ai mentionné plus tôt. Mais ce n'est pas comme dans bien d'autres récits, car cette fois-ci les clichés habituels ont été subvertis. L'ordre et le chaos sont ici mis en scène d'une façon très particulière et originale. Il y a enfin la magie, qui est divisée en plusieurs types: celle des elfes, celle des magiciens, celle des prêtres et celle des rares mais puissantes invocations. J'ai trouvé intéressant que selon le type, la magie fonctionne d'une façon différente, à l'instar des types de magie que l'on trouve dans les jeux de rôles tels que Donjons & Dragons. 

En ce qui concerne les personnages, ils sont bien écrits et qu'il progressent au fil du récit. Il est difficile de ne pas s'attacher à Éléonore, cette mercenaire au grand coeur, mais qui a aussi un passé sombre sur lequel elle s'ouvrira éventuellement, s'identifiant à ce que son protégé vit. Le prince Maksar, pour sa part, est secoué par les événements qui surviennent et je ne parle pas seulement de la tentative d'assassinat qu'il a subi, mais aussi de ce qui se produit en lui à cause de son pouvoir. Il apprend malgré tout à sortir la tête de l'eau et éventuellement, à se parfaire son art martial et magique. Parlant de la magie justement, celle qui lui apprends, Mira, a un esprit libre, vif et innocent. Elle vient non seulement changer la dynamique qu'il y a dans le peuple des elfes, mais aussi, de par son imprévisibilité, la tournure du récit lui-même. 

Il y a enfin d'autres personnages qui sont développés, mais sur lesquels je ne m'attarderai pas afin de ne pas divulguer trop de spoilers. Ils ont tous leurs intérêts et ils tentent de faire progresser les événements dans la direction qu'ils souhaitent, entrant parfois en conflit entre eux. En Loslaury il y a les membres du grand conseil, un elfe sombre d'importance, l'oracle Faeren et la reine Elerinna. Certains de ces personnages sont non seulement développés dans le présent, mais également au cours des différents flashbacks. À Pacifica il y a Amaryllis que j'ai mentionné plus tôt, ainsi que le roi et la reine qui sont très importants, mais il y a aussi le grand prêtre Larse et sa femme l'oracle Asa qui ont une grande influence. Et enfin il y a Delian, cet être que l'on voit peu dans le premier opus, mais dont on a l'impression qu'il tire les ficelles quelque part...

Enfin, en ce qui concerne les scènes d'action, il y en a plusieurs. Elles sont rapides, mais assez claires et détaillées. On voit ce qui se passe à travers les yeux des personnages et il y a un suspense - et dans certains cas un certain stress - quand au dénouement des affrontements. Mais ça ne s'éternise jamais, ce que j'apprécie beaucoup. En effet, que ce soit dans les films, dans les émissions ou les livres, quand ces scènes sont trop longues, j'ai tendance à m'ennuyer, voire à m'endormir. Ici, ce n'est pas du tout le cas. 

Bref, j'ai beaucoup aimé ce roman de fantasy pour toutes les raisons expliquées plus tôt. J'ai vraiment hâte de lire les suites!

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